Blue Mind, un logiciel pas si novateur…

Dès sa création, le marketing de la société BLUE MIND présente son logiciel comme un travail totalement nouveau apportant une rupture technologique par rapport à l’existant.

BLUE MIND présente comme une solution de messagerie Open Source « de nouvelle génération qui apporte une solution moderne, renouveau par rapport aux solutions existantes de messagerie collaborative en terme d’ergonomie, d’architecture, de technologie et de conception. Pour le bénéfice de tous ».

Le 19 juin 2012 à son lancement au salon Solution Linux, Pierre Baudracco, PDG et fondateur de BLUE MIND, présente sa solution :

« vu que l’équipe Blue Mind est celle qui avait conçu OBM de 1998 à 2010, la première question ou une question qu’on nous pose souvent est : « ah bon vous avez fait un fork d’OBM ? ». Donc pas du tout, on a pas fait un fork d’OBM, on est repartis d’une page blanche et cela se voit clairement en termes d’architecture puisqu’on est partis sur une technologie et une architecture complètement moderne ».

Toute la communication qui suivra se fera dans la même veine.

Par exemple dans un communiqué de presse du 8 novembre 2012 : BLUE MIND affirme que « grâce à ces innovations majeures, BLUE MIND prend une longueur d’avance significative sur le marché de la messagerie collaborative »

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La réaction de LINAGORA

Entre la date de sa création en 1998 et le début de l’année 2012, OBM a requis plusieurs centaines d’années-homme de développement à l’équipe d’ALIACOM, puis d’ALIASOURCE et enfin de LINAGORA.

Il apparaissait peu probable à LINAGORA qu’à nouveau réunie au sein de BLUE MIND, cette même équipe ait pu, en seulement quelques mois, développer une solution présentée comme totalement nouvelle mais bien plus performante qu’une solution qu’ils avaient eux-même mis plus d’une décennie à concevoir.

Intriguée par les déclarations de BLUE MIND concernant l’aspect totalement innovant de sa solution, et pour en avoir le cœur net, LINAGORA a examiné et fait expertiser les codes sources de Blue Mind disponibles sur internet pour les comparer avec le code d’OBM.

Quelle ne fut pas la surprise de LINAGORA à la lecture de la note d’expertise, montrant l’ampleur et l’aspect systématique de la contrefaçon !

En effet, le rapport d’expertise a conclu :

  • à la reprise massive de code Java d’OBM par BLUE MIND1 ;
  • à la suppression totale de toute mention de paternité de LINAGORA et même de contributeurs tiers ;
  • à l’exploitation du logiciel Blue Mind sous des licences incompatibles avec les licences d’origine d’OBM, et notamment une licence commerciale2.

La page était donc très loin d’être « blanche » !

Ainsi non contents de créer une entreprise directement concurrente de LINAGORA en violation de leurs engagements de non-concurrence, les fondateurs de BLUE MIND – avec l’appui de l’ancienne équipe OBM – développaient leur propre solution logicielle sur la base d’une contrefaçon du logiciel OBM.

La reprise du code source est le fondement du modèle du logiciel et des licences libres, mais lorsque cette reprise s’accompagne de la violation de la licence libre d’origine et de la paternité de l’auteur, il s’agit d’une situation de contrefaçon que ce dernier doit obligatoirement faire cesser.


1 Monsieur Serge MIGAYRON, expert judiciaire et spécialiste de la preuve numérique, comparant les codes sources des modules deux à deux, a conclu dans son rapport ( réalisé à la demande de LINAGORA et disponible ici en version longue avec les annexes ; la version courte est disponible ici) que les modules de Blue »BM-CORE » et « EAS » étaient des reproductions serviles d’ »OBM-SYNC » et « O-PUSH » :

« ces  taux d’identité sont très élevés, ne peuvent s’expliquer par des contraintes techniques et ne laissent aucun doute quant à une origine commune des programmes comparés. Les noms des programmes sont d’ailleurs identiques dans les deux logiciels.  »

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2 A la lecture du rapport d’expertise de Monsieur Migayron on ne peut que constater que la société BLUE MIND a cru pouvoir distribuer le code produit par LINAGORA sous une licence commerciale (ou « privatrice ») étant précisé que la licence de BLUE MIND prévoit qu’elle annule et remplace tout autre contrat de licence de logiciel libre qui aurait été conclu antérieurement. En effet, les en-têtes des programmes des modules incriminés font apparaître les mentions suivantes relatives aux licences auxquelles le logiciel BLUE MIND est soumis :

« (…) Blue Mind SAS also offers commercial licenses with additional warranties, Professional functionalities or services. If you purchase a commercial License, then it supersedes and replaces any other agreement between you and Blue Mind SAS ».

dont la traduction est :

« (…) Blue Mind SAS propose également des licences commerciales avec des garanties additionnelles, des fonctionnalités professionnelles et des services. Si vous achetez une licence commerciale Blue Mind SAS, elle annule et remplace tout autre contrat entre vous et Blue Mind SAS ».

 

 

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