L’analyse de la communication de BLUE MIND

Même si nous connaissons depuis longtemps l’équipe de BLUE MIND, nous ne pensions pas être confrontés à une communication manifestement préparée depuis longtemps. BLUE MIND s’est montrée capable de délivrer à la communauté des messages séduisants par leur simplicité, proches de la sensibilité des développeurs, et pourtant totalement mensongers.

Les enjeux de la communication de BLUE MIND sont les suivants :

  • faire passer l’action de LINAGORA comme une tentative désespérée et totalement puérile de dénigrer un concurrent ;
  • faire passer tous les documents présentés par LINAGORA comme non-constructifs et inintéressants, surtout ceux dont la réalité est trop gênante pour être contestée (Pourquoi Pierre Baudracco a-t-il donné des instructions précises de suppressions des mentions de paternité de LINAGORA ? ; comment Pierre  Baudracco justifie -t-il le travail qu’il qualifie lui même de clandestin ? ) .

LINAGORA oppose des faits précis et très documentés (qui demandent à être lus) aux raccourcis mensongers de BLUE MIND.

Pour ne citer que cela, la démonstration sur le fait que Blue Mind et OBM seraient écrits dans des langages différents et que dès lors il ne pourrait y avoir de contrefaçon est le parfait exemple d’une argumentation qui semble crédible alors qu’il ne s’agit d’un raccourci grossier qui masque la réalité.

Redisons-le : le coeur d’OBM est écrit en java et c’est cette partie qui a été reprise par BLUE MIND dans sa solution en supprimant les mentions de paternité.

Nous pensons donc que la communication appelle une réponse sur le fond comme sur la méthode employée.

Sur la méthode

Le communiqué de presse BLUE MIND reflète en grande partie la méthode et les arguments de communication employés sur internet (notamment twitter, wikipedia, youtube, et les forums tels que linuxfr.org).

Ainsi, sur Linuxfr.org, avec un compte spécialement créé pour l’occasion :

Linuxfr.org

Mais des internautes ne sont pas restés dupes :

coincidence

Pour les autres, nous avons voulu reprendre en détail cette méthode et chaque argument déployé par BLUE MIND pour en montrer le caractère mensonger.

De manière générale, tous les moyens sont bons pour ne pas engager de réelle discussion sur le fond, et détourner l’attention sur de faux-débats techniques ou juridiques.

Bien qu’ils soient accablants, les pièces et documents sont balayés d’un revers de main par BLUE MIND au moyen d’un argument simple : les documents et mails que nous avons mis à la disposition du public seraient « sortis de leur contexte et complètement détournés« .

Par ce procédé très facile à reproduire par ses soutiens, BLUE MIND évite habilement toute discussion sur le fond.

– Par exemple, sur le forum linuxfr.org, Pierre Baudracco explique pourquoi il a cru possible de créer BLUE MIND comme si il n’avait jamais vendu ALIACOM à LINAGORA, tout en contrefaisant une partie d’OBM.

En effet, lorsqu’un internaute constate le non-respect par BLUE MIND et son équipe des engagements de non-concurrence, ainsi que la suppression des mentions de paternité de LINAGORA, Pierre Baudracco lui-même compare OBM a une « voiture prometteuse » vendue à LINAGORA et que LINAGORA aurait « abîmée ».

Un internaute :

internaute

Réponse de Pierre Baudracco : 
voiture

MAIS OBM N’EST PAS UNE VOITURE !

Bien que séduisante par sa simplicité, cette image est en décalage total avec la réalité et permet à Pierre Baudracco de justifier en quelques lignes tant la concurrence déloyale que les agissements de contrefaçon.

– Sur Wikipedia et sur Twitter, Pierre Baudracco est également très actif :

Par exemple, dans ce tweet, et au cours d’une interview Pierre Baudracco reprend l’argumentation répandue par l’équipe de BLUE MIND sur la page Wikipedia de cette société, selon laquelle les demandes de  LINAGORA auraient été rejetées en bloc par l’ordonnance du 28/04/2014.

tweetsPba

commpressbm

Cependant, devant les réactions des internautes, BLUE MIND a une fois de plus changé de discours : dans son communiqué, BLUE MIND insiste sur le rejet de nos demandes, mais reconnait pour la première fois que le rejet ne porte que sur l’interdiction. (Donc les demandes de LINAGORA n’ont pas été rejetées à 100%).

D’ailleurs, la demande d’interdiction n’est rejetée qu’à ce stade, dans l’attente de la réalisation de l’expertise qui a été demandée par LINAGORA.

Malgré ce revirement, BLUE MIND tente encore de retourner l’ordonnance à son avantage, en disant que le juge a permis une  » nouvelle expertise (indépendante et contradictoire cette fois sous réserve du paiement de la caution financière par Linagora) « .

BLUE MIND semble ici se réjouir du caractère indépendant et contradictoire de l’expertise alors qu’elle s’est battue pour que cette expertise soit refusée par le TGI de Bordeaux.

Dans ses écritures, BLUE MIND a en effet consacré 5 pages entières à tenter de convaincre le Tribunal de refuser l’expertise des codes sources, puis 4 autres pages a essayer d’en limiter la portée si l’expertise était accordée.

Le juge a finalement accordé la mesure d’expertise que nous avons sollicitée (c’est pour cette raison que nous en supportons provisoirement le coût), et laissé au seul arbitrage de l’expert la définition de la portée de l’expertise.

Bien que BLUE MIND ait tenté par tous les moyens de faire rejeter la demande d’expertise, elle n’hésite pas dans son communiqué à se réjouir de cette expertise et à mettre en avant son caractère indépendant et contradictoire !

« L’acharnement de LINAGORA à l’encontre de BLUE MIND »

Dans son communiqué comme sur internet, BLUE MIND et ses dirigeants se présentent comme victimes de notre « acharnement juridique et médiatique ».

Le statut de victime que ces derniers s’octroient leur permet ainsi de répandre l’idée que notre société, par des moyens plus importants, pourrait les écraser sous des procédures et une communication de grande ampleur mais sans fondement.

C’est FAUX.

Simplement, la liste des agissements de BLUE MIND est extrêmement longue, et dès lors que nous avions décidé de nous battre, nous avons du le faire sur tous les fronts au niveau judiciaire, et être exhaustifs dans notre communication.

Si la communication de LINAGORA peut sembler violente ou choquante, c’est surtout les agissements dénoncés qui le sont. 

In fine, BLUE MIND choisit avec soin les débats dans lesquels elle s’investit, et critique abondamment les supports de communication de LINAGORA, mais reste totalement muette sur les informations qu’ils contiennent. 

Selon BLUE MIND, « [LINAGORA] se permet de menacer les clients et partenaires de BlueMind en les qualifiant de receleurs ! Ceci est une accusation très grave et non fondée ».

BLUE MIND détourne nos arguments, et voit des menaces là où il n’y a que des informations rendues publiques pour que chacun puisse se forger sa propre opinion en connaissance de cause, et que les utilisateurs de Blue Mind mesurent les réels enjeux liés à l’adoption de ce produit. 

Les utilisateurs de Blue Mind ont pourtant le droit de savoir ce qu’il se passe ! Il est évident que BLUE MIND aurait préféré que cette histoire ne soit pas dévoilée, jusqu’au dernier moment. Il est normal que ses dirigeants soient furieux que leurs clients et l’écosystème soient en mesure de constater les méthodes employées.

Il s’agit effectivement d’informations graves. Nous savions qu’en les divulguant sur ce blog nous ne ferions plaisir à personne. Nous savions également que nous ferions l’objet de critiques, souvent d’ailleurs mal fondées.

Par exemple :

lathune

Nous n’avons pas pris la peine de répondre sur le fil de discussion, mais nous sommes à Puteaux depuis plus de 4 ans . :-)

LINAGORA n’a pas pris à la légère cette communication et aurait préféré ne pas avoir à la faire !

SUR LE FOND 

– Dans son communiqué, BLUE MIND se retranche derrière l’argumentation selon laquelle « dans tous les cas (autrement dit, si la contrefaçon était retenue par un juge) la licence GNU GPLv3 à laquelle sont soumis les logiciels OBM et BlueMind protège explicitement tous les utilisateurs/partenaires/clients à qui est distribué le logiciel contre ce type d’agissements ».

CE DISCOURS EST TOTALEMENT FAUX.

Aucun contrat ne pourra jamais protéger le distributeur ou l’utilisateur d’une contrefaçon ! 

Quel que soit le contrat de licence (libre ou privatrice d’ailleurs) qui lie éditeur, contributeurs et utilisateurs, une contrefaçon est hors du commerce, les contrats qui ont une contrefaçon pour objet sont frappés de nullité absolue.

Aucun droit n’est accordé à l’utilisateur d’un logiciel issu d’une contrefaçon, pas même le droit d’usage. 

Pourtant, BLUE MIND n’hésite pas à dire à ses clients que  l’auteur d’une contrefaçon peut protéger ses clients par un contrat (la licence GNU GPL ou GNU Affero GPLv3) qui maintiendrait leurs droits sur le produit contrefaisant, « dans tous les cas ».

C’est comme si un vendeur de sacs à mains contrefaits disait à ses clients potentiels « vous ne risquez rien, si je me fais arrêter je vous décharge de toute responsabilité grâce à un contrat ».

Ce discours ne doit tromper personne, il est conçu pour rassurer clients et prospects sur la pérennité de l’usage de BLUE MIND, alors que leur situation est particulièrement précaire.

– Sur internet BLUE MIND essaie de démontrer que nous aurions « soigneusement » choisi les versions de la solution Blue Mind d’OBM pour que l’analyse fasse apparaître une forte similitude entre nos deux solutions.

Voici un excellent exemple de faux-débat élaboré par BLUE MIND dans sa communication.

L’argument de BLUE MIND est extrêmement simple, et facile à retenir : « Blue Mind et OBM ont aujourd’hui la même licence, donc il n’y a pas de problème, LINAGORA cherche la petite bête pour rien, en faisant du mal à l’écosystème ».

En réalité, les éditeurs peuvent légitimement choisir de changer la licence qui encadre leur solution pour n’importe quelle autre licence (libre ou privatrice) dès lors qu’ils sont propriétaires du code diffusé.

BLUE MIND n’avait absolument pas le droit de changer la licence des modules O-Push et OBM-Sync, mais c‘est principalement l’effacement de notre paternité qui caractérise la contrefaçon dans cette affaire, BLUE MIND le sait, et tente de brouiller le débat comme elle le peut, adoptant dans son communiqué de presse la même argumentation que dans sa défense judiciaire.

Evidemment nous agissons parce que BLUE MIND utilise notre travail sans respecter notre paternité et les licences libres que nous avons choisies, mais la conduite de BLUE MIND est aussi néfaste aux utilisateurs parce qu’ils enlèvent de ce code la liberté que nous y avons mis.

Enfin, BLUE MIND avance qu’un de ses salarié serait en réalité propriétaire du module O-PUSH et non LINAGORA.

BLUE MIND ne précise cependant pas que ce salarié, qui s’appelle Thomas Cataldo :

  • était salarié d’ALIACOM, puis d’ALIASOURCE, sous les ordres de Pierre Baudracco avant que cette société ne soit achetée par LINAGORA ;
  • était toujours sous les ordres de Pierre Baudracco quand toute l’équipe d’ALIASOURCE travaillait chez LINAGORA ;
  • a travaillé sur le projet O-PUSH pour les besoins de LINAGORA durant son temps de travail, sur les instructions de et encadré par Pierre Baudracco.  Ces contributions, comme tous les projets qu’il a été payé pour réaliser appartiennent à LINAGORA ;
  • a pris une part active à la construction du projet BLUE MIND avec Pierre Baudracco alors que toute l’équipe (eux-deux compris) travaillait encore chez LINAGORA ;
  • est encore sous les ordres de Pierre Baudracco aujourd’hui ;
  • est aujourd’hui ACTIONNAIRE de BLUE MIND, aux côtés de Pierre Baudracco, PDG. 

Les revendications de Monsieur Cataldo sont sans fondements comme cela est démontré dans l’article « les arguments de BLUE MIND.« 

Qu’elle ait été menée sur ordre de Pierre Baudracco ou de l’initiative de Thomas Cataldo, cette action en revendication est la seule chose qui – présentée in extremis au TGI de Bordeaux – a pu faire douter le juge et empêche l’interdiction de BLUE MIND.

L’enjeu n’était donc absolument pas « d’obtenir réparation » pour l’usage que LINAGORA ferait du module O-Push (sinon cette revendication aurait eu lieu depuis longtemps) mais plutôt de sauver momentanément la société dont Thomas Cataldo est actionnaire !

nous_resterons_pas_la

Nous nous emploierons à éventer tous les mensonges, manipulations des faits et faux débats que BLUE MIND présentera à la communauté et à ses clients pour éviter d’assumer ses actes et de prendre ses responsabilités.

Nous restons mobilisés pour faire avancer les dossiers judiciaires (la justice ne passe pas au second plan pour LINAGORA), et pour qu’il ne soit pas dit et admis que la fraude et la contrefaçon sont excusables parce que nos logiciels sont libres.

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