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Des logiciels piratés

Certains logiciels sont indispensables à l’activité de la société BLUE MIND.

Or, ces logiciels sous licence privatrice ont un coût non négligeable pour une société récemment créée.

Afin de limiter ses coûts et accélérer son développement, la société BLUE MIND a donc mis en oeuvre une tactique de piratage systématique des logiciels « indispensables à son activité » pour s’en épargner les coûts de licence :

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Cet extrait provient d’un courrier électronique interne à la société BLUE MIND, récupéré lors de la saisie-contrefaçon. Et 2k8r2 désigne Microsoft Windows 2008 Server.

Autrement dit, les pratiques de contrefaçon de BLUE MIND pour les besoins de son activité sont générales et nullement limitées à la seule contrefaçon du code de LINAGORA et de celui de développeurs tiers dans la solution Blue Mind.

Travail au noir

Grâce à la saisie-contrefaçon, LINAGORA a pu mettre au jour des manœuvres frauduleuses dont elle ne soupçonnait même pas l’existence de la part de BLUE MIND.

Et quelles manœuvres !

Pendant les 18 mois qui ont suivi la démission de l’ensemble des membres de l’équipe OBM, ces derniers ont travaillé à la mise sur pied du projet Blue Mind :

  • soit en se faisant employer par des sociétés diverses (et notamment une société dont Pierre Baudracco est administrateur, E-DEAL) ;
  • soit directement par BLUE MIND ;
  • soit sans même être légalement déclaré.

Selon son niveau de trésorerie disponible, la société BLUE MIND fait en effet osciller ses collaborateurs entre le statut de salarié et celui de chômeur, pendant lequel ils continuent néanmoins de travailler de manière non déclarée pour BLUE MIND.

Le registre du personnel recueilli au cours de la saisie-contrefaçon permet de constater ces aller-retours de salariés, entrant puis sortant de l’entreprise :

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Ces délits de travail dissimulé répétés sont corroborés par un courrier électronique interne dans lequel Monsieur Pierre Baudracco, outre qu’il reconnaît à demi mot la reprise du code source d’OBM (« on a fait ce qu’il faut« ) fait état que Monsieur Anthony Prades travaille au noir pour BLUE MIND :

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Cette pratique de travail dissimulé par dissimulation d’emploi salarié concernant Monsieur Anthony Prades semble avoir continué dans le cadre des activités « normales » de BLUE MIND :

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Aussi, pour Monsieur David Phan :

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De même, pour Monsieur Pierre Carlier qui mentionne son « nouvel employeur » au détour d’une conversation instantanée recueillie au cours de la saisie-contrefaçon :

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Ainsi, à la contrefaçon du code de LINAGORA et du code d’autres développeurs, s’ajoute le travail au noir.

Pour compléter le tableau, BLUE MIND ne craint pas d’utiliser des logiciels piratés pour les besoins de son activité.

Comprendre les agissements de BLUE MIND

Un grave litige oppose la société LINAGORA à la société BLUE MIND (la copie d’une ordonnance du Tribunal de Grande Instance de Paris est disponible ici).

BLUE MIND exploite une contrefaçon du logiciel OBM de LINAGORA, et démarche systématiquement la clientèle de cette dernière.

Devant les Tribunaux comme devant la communauté et ses clients, la société BLUE MIND a toujours nié  la reprise du code du logiciel OBM dans son logiciel Blue Mind.

Par exemple, au cours de la présentation de la société BLUE MIND au salon Solutions Linux 2012, Monsieur Pierre Baudracco affirme que la solution de messagerie Blue Mind n’est pas un fork d’OBM :

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Ce qu’il dit : « Vu que l’équipe Blue Mind est celle qui avait conçu OBM de 1998 à 2010, la première question ou une question qu’on nous pose souvent est :  » ah bon vous avez fait un fork d’OBM ?  ». Donc pas du tout, on n’a pas fait un fork d’OBM, on est repartis d’une page blanche« 

C’est FAUX !

Ces affirmations lui sont aisées, puisque BLUE MIND a supprimé méthodiquement toute référence à LINAGORA et à OBM dans sa propre solution.

BLUE MIND a en effet repris des fichiers source de projets tiers, dont des fichiers source du logiciel OBM de LINAGORA dans sa solution de messagerie Blue Mind. Elle a :

  • modifié l’entête des fichiers source repris pour en changer les licences libres originelles (ce qui est strictement prohibé) ;
  • proposé de surcroît une licence commerciale incompatible avec les licences libres des codes sources repris ;
  • supprimé toutes mentions de paternité de tiers (dont LINAGORA) pour les remplacer par les siennes.

Encore aujourd’hui, BLUE MIND se présente comme l’éditeur d’une solution de messagerie collaborative nouvelle génération  (une archive web est disponible ici.).

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Pourtant,  la pression judiciaire et le grand nombre de preuves réunies par LINAGORA à la suite d’une saisie-contrefaçon réalisée dans les locaux de BLUE MIND ont forcé cette dernière a mener dans la plus grande discrétion des opérations sur son code source, en totale contradiction avec ce discours.

Lorsque LINAGORA a porté ces actes frauduleux à l’attention de la justice, BLUE MIND a, le 21 janvier 2014 entre 2h et 4h du matin, tenté de dissimuler ces actes a posteriori en changeant discrètement une partie du code source de sa solution pour :

  • supprimer la licence commerciale des entêtes ;
  • réintégrer des mentions de paternité de LINAGORA ;
  • modifier à nouveau la licence de certains fichiers source.

Malgré ces modifications, BLUE MIND continue de contrefaire OBM.

Ces opérations révèlent néanmoins désormais au public la contradiction entre la défense judiciaire de BLUE MIND et son discours marketing fondé sur la prétendue nouveauté de son produit et l’obsolescence des solutions concurrentes.

La dissimulation de la contrefaçon globale toujours à l’œuvre ne doit pas tromper la communauté que LINAGORA souhaite aujourd’hui alerter.

Le caractère public d’une partie du code source de Blue Mind permet à LINAGORA d’inviter l’ensemble de la communauté à constater la réalité des agissements de l’équipe de BLUE MIND, et l’aveu criant de culpabilité et de mauvaise foi que révèlent ces modifications cosmétiques du 21 janvier 2014.

En dépit de la totale confiance que LINAGORA porte en l’action de la justice, il y a en effet urgence à dévoiler les agissements et la stratégie de dissimulation de BLUE MIND au moyen de preuves indiscutables.

Première victime, car éditeur du principal logiciel contrefait, LINAGORA se voit privée de la paternité et des choix de diffusion d’un projet phare de son activité dans lequel elle a investi et continue d’investir chaque année des dizaines d’années-homme en R&D. Ces agissements mettent en danger sa réputation et son activité.

De plus Linagora n’est pas la seule concernée par cette contrefaçon.

Les autres contributeurs de logiciels libres dont le code source est employé pour concevoir la solution Blue Mind sont eux aussi abusés. Leur paternité et les licences libres qu’ils ont choisies pour encadrer la diffusion de leur travail sont systématiquement effacées par BLUE MIND.

Ces agissements sont aggravés par le modèle même de distribution partiellement ouvert de Blue Mind, c’est-à-dire un modèle freemium (voir la page wikipedia sur le freemium.)

Plus grave, les usagers du logiciel et les partenaires de BLUE MIND prennent des risques qui dépassent les aspects financiers d’une interdiction d’usage du logiciel Blue Mind par décision de justice. Les partenaires et usagers de la solution Blue Mind se retrouvent de facto dans la position de receleurs de contrefaçon, délit civil et pénal.

En faisant croire que l’on peut copier allègrement du logiciel libre sans en respecter la licence ou la paternité, BLUE MIND porte une réelle atteinte aux intérêts de l’ensemble du modèle Open Source et de l’écosystème du logiciel libre qui subit un grave discrédit.

C’est la raison pour laquelle LINAGORA a décidé de sortir de sa réserve et révéler enfin au public et dans le détail les agissements de la société BLUE MIND, qui portent atteinte tant à l’activité de LINAGORA qu’à l’ensemble de l’écosystème du libre.